Petites histoires qui rendent heureux2021-07-02T23:36:44+00:00

Petites histoires qui rendent heureux et heureuses !

Depuis toujours je suis adoratrice du beau qui fait du bien.

Ici, gisent des histoires toutes bien vivantes. Elles attendent que tu les découvres. Proses & rimes se mélangent. Un moment doux et authentique. Ces petites histoires ont le pouvoir de te motiver, te faire penser, sourire et rire. Que ces mots d’inspirent à apprécier la vie chaque seconde et à réaliser tes rêves ! Après tout pourquoi pas ne pas être un peu plus soi ? Belle lecture.

Vol En Vol

Attention : si tu préfères écouter, la version audio se trouve au bas de la page.

Vol En Vol (Partie I)

« Vous avez dit une robe rouge, c’est bien cela ? »

Le commissaire Lorenzo vérifiait une dernière fois la version de la victime en attendant de récupérer les bandes vidéos de l’avion et celle de la plateforme d’embarquement dans le Terminal Tom Bradley de LAX, Los Angeles Airport.
« Oui Monsieur le Commissaire. Elle était vêtue d’une magnifique robe rouge en satin avec de la dentelle très fine. On aurait dit une tenue couture de chez Valentino. Peut-être même en était-ce une d’ailleurs ! (silence) J’aurais du me méfier mais je n’y ai vu que du feu pour être honnête. Une femme de mon âge qui s’apprête à traverser les States en robe de soirée, c’est bizarre, non ? Je me suis dit qu’elle avait du aller  à un mariage et ensuite ne pas avoir eu le temps de se changer. (silence)
J’étais occupée avec Sofia et Lindsay, mes filles, des jumelles. Pour tout vous dire, je me suis laissée charmer par toute cette élégance. Nous étions chacune assise en couloir en face l’une de l’autre. C’était tellement pratique. J’ai remarqué qu’elle était arrivée à coté de nous bien après le décollage. Mais cela peut est monnaie courante de nos jours. J’étais tellement heureuse de pouvoir parler à une autre femme, une adulte. Et pas peu fière de me faire une ‘copine d’avion ‘. C’est devenu rare par les temps qui courent, vous en conviendrez Commissaire. Enfin, tu parles… tout ça pour me faire voler. balbutia Céline en regardant dans le vide.
-Pouvez-vous Madame récapituler une dernière fois ce qui a disparu de vos effets personnels ? demanda Lorenzo.
-Oui, oui pas de souci. J’emportai avec moi 7 montres à mes clients New Yorkais. Des montres suisses avec des mouvements mécaniques et des complications. 5 d’entre elles sont composées de Titane exclusivement tant sur le boîtier que le mouvement. C’est la signature de l’horloger de génie Richard Mille. Vous savez que Nadal porte sa montre pour jouer ? Et sur le poignet gauche alors qu’il est lui-même gaucher. C’est vous dire que le titane allège considérablement le poids de la montre. Enfin, revenons à nos moutons.. nos montres plutôt. Trois d’entre elles ont une lunette sertie de diamant baguette. Nous sommes sur un poids de diamants qui varie de 0,8 à 1,2 cts tout de même, et c’est une couleur D, ce qui est exceptionnel pour des diamants baguette de cette taille. Du Luxe, de la haute horlogerie. La valeur de vente de ces garde-temps – comme on les appelle dans la jargon horloger – est proche des 730,000 dollars environ.
-Etes-vous bien certaine de ne pas les avoir égarées autre part ces montres ? Et puis-vous vous demander les raisons qui vous font penser que c’est la dame en rouge qui est responsable ? renchérit le représentant de la loi.
-Judith, la dame en rouge comme vous l’appelez, s’est évaporée quelques minutes avant que nous commencions l’atterrissage. Elle a souri et a dit faire un tour aux toilettes des dames pour changer sa robe. Elle avait un sac de sport Louis Vuitton, certainement l’edition de Virgil Abloh en toile silver. Il avait l’air bien rempli. Je suis partie pendant le vol plusieurs fois me promener avec les filles. Elles ont besoin de se dégourdir les jambes. C’est un long vol plus de 6 heures. Et l’avion est censé être une “safe place” et surtout les personnes qui voyagent en business class. Nous étions dix personnes au maximum assises. Voilà pourquoi je pense que c’est elle. Elle a du savoir que j’avais sur moi ces produits et je vais me retrouver sans clients, ni patron, ni job… admetta Céline avec la peur qui lui serrait la gorge.
-Madame, nous allons faire notre possible pour retrouver l’identité de cette femme. Mes équipes sont en train d’interroger l’équipage et nous allons récupérer le scan des passeports en plus des vidéos. Je ne peux que vous conseiller de contacter votre entreprise et bien sur votre assurance Une dernière question, vous avez confirmé à mes agents avoir déclaré la circulation de ces produits de Luxe au départ de l’aéroport de Los Angeles. Disposez-vous d’un carnet ATA, d’une déclaration de donnes ou d’une proforma invoice ?
-oui, oui bien entendu mais j’avais laissé tout cela dans le sac avec les montres… donc je n’ai rien à vous montrer Monsieur le Commissaire. Mais aux doines, ils doivent avoir un duplicata, non ? répondit Celine.
-Avez-vous parlé de ces montres à la dénommée Judith ? questionna à nouveau le Commissaire
 
-Non, bien sûr. Enfin je lui ai dit que j’allais à New York voir des clients. Enfin, je pense que oui. Je suis un peu confuse. affirma Celine.
-Avez-vous consommé de l’alcool pendant le vol ? Avez-vous pris des médicaments, calmants ou tout autre pilule qui pourraient vous priver de votre lucidité ?
-Non Monsieur l’agent. J’ai bu un Bloody Mary oui en effet, d’ailleurs c’était plutôt 2. Je pense que le steward conviendra que j’étais sobre et que je profitais gaiment de mon temps en avion. Je ne suis pas une droguée ou une alcoolique. Et je vous signale que le Bloody Mary est le cocktail le plus consommé en vol dans le monde… il n’y a rien de mal à se faire un peu plaisir. Mais j’étais lucide bien sûr. 
-C’est entendu. Merci de laisser à mes agents le nom de votre hôtel et un numéro de telephone portable sur lequel nous pouvons vous joindre. Nous vous contacterons très bientôt. Au revoir Madame McEastwood.” conclut Lorenzo avant de tourner les talons et quitter le salon d’affaires de Delta.
“Une bien étrange histoire pour un dimanche soir”, songea t-il en entrant dans l’ascenseur qui le conduirait au parking pour récupérer sa voiture. Il appuya sur le bouton -2 et alors que que les portes se fermaient, une main se glissa entre ces dernières pour stopper le départ.. Les portes s’ouvrirent à nouveau et l’agacement de Lorenzo laissa sa place à la surprise.
Une femme vêtue d’une robe rouge longue et fluide pénétra dans l’ascenseur. “Toutes mes excuses Commissaire mais comme vous, je me rends au parking. Je pense que nous avons aussi des choses à se dire. Vous n’avez pas encore entendu ma version des faits.”
La suite au prochain épisode
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Bonjour Lullaby

Un dimanche dernier,

Comme un jour somptueux d’été,

Dans la ville des monts et des collines,

Tu riais aux histoires que je te contais.

Ce jour-là,

Seul l’amour nous accompagnait.

Aucune hâte d’aller ici où là,

Ni de rêve pressé d’être réalisé.

Seul comptait notre présent,

Et les secondes qui nous enracinaient,

A s’aimer seuls et bien entourés,

En regardant l’Ocean proche de la Vallée.

“Restons-ici, tu veux bien ?”,

furent les seuls mots que tu prononças.

Je ne les attendais pas.

Ils soulevèrent mon coeur si haut, si loin.

Un “oui” et je me tus.

Un autre dimanche vibrant d’amour.

Je vis ma maison dessinée aux alentours.

Merci mon D.eu de vivre dans l’absolu.

Vitérev

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Vitérev,

Vis tes rêves.

Que chacune de tes journées

soit appréciée unique & belle.

Comme si elle fut la première

Comme si elle était la dernière

de ton temps ici, là et maintenant.

Viterev

“Vitérev, n’aies pas honte !

Partage avec nous tes ambitions.” tente de le rassurer Madame Laurence.

Debout, immobile comme emprisonné dans la peur, le petit garçon se mure dans le silence.

Il a envie de crier à toute la classe qu’il veut conduire des gros camions, des hélico et même des camions de pompiers et de poubelle plus tard. Ce qu’il aime par dessus-tout ce sont les automobiles. Il les adore ! Lorsqu’elles roulent, il aime monter dedans. Souvent, il a le droit de monter sur les jambes des grands pour tourner le volant, appuyer sur le klaxon et toucher tous les boutons pour arranger la voiture. Vitérev adore aussi les avions qui décollent, les bateaux sur l’eau… le bruit et meme les traces qu’ils laissent dans le ciel ou dans l’eau. Il aiment démonter, construire, réparer et conduire les mêmes engins de transport qu’il collectionne comme jouets. Il est le docteur de tous ces merveilles à moteur.

Maman et papa sont très gentils. Ils jouent avec lui aux courses de voitures avant le diner et parfois meme avant d’aller au lit. C’est souvent Vitérev qui gagne mais c’est normal ! Il connait toutes les voitures par coeur et il est très très fort. C’est sa copine Sacha qui le dit.

Et récemment, il a reçu l’équipement de docteur avec la blouse et celle du mécanicien. C’est cela avoir une double spécialité. Alors il répare beaucoup. Et lorsqu’il ne trouve pas de quoi s’occuper, il s’assure que l’une de ces voitures ait bien une roue cassée. Aux grands maux, les grands remèdes !

Le petit garçon d’à peine 5 ans a les yeux collés au sol.

Il cherche encore. Il ne sait pas dire ce qu’il veut dire mais il sait qu’il doit parler. C’est l’exercice que la maitresse a dit de preparer. Mais là, c’est plus fort que lui. Il est déboussolé. Il se sent pris dans un tourbillon d’émotions. Il a peur qu’on lui enlève ses rêves ou qu’on s’en moque. Lui ne veut pas les partager. En tout cas, pas ceux qui touchent aux voitures. Mais mentir, ce n’est pas bien a dit maman.

Devant la maitresse et tous ces copains de classe,

il inspire et force ses yeux à rencontrer leurs visages patients. Un grand sourire à la bouche, les yeux pétillants, son énergie rassure ses amis. Vitérev est revenu à nous, ici, là et maintenant.

Alors je ne peux pas vous raconter mon plus grand rêve parce que c’est un secret. Mais aussi plus tard, je vais être “cuisinière”. Parce que moi j’adore faire la patisserie. Maman me raconte que petit, c’était moi qui faisait les gateaux le jeudi à la crèche. Elle a meme les photos.

C’est bizarre les maitresses avaient des masques sur le visage mais peut etre qu’on faisait les gateaux comme cela avant. Maintenant que je suis plus fort, je fais de la patisserie dans la cuisine de mamie, et chez ma tata.

Et toujours le jeudi après-midi mais maintenant c’est à la maison et j’apprends à ma petite soeur. Elle a 2 ans et dis donc elle aime mes gateaux ! Les quatre-quarts et les moelleux au chocolat c’est mes spécialités. Un jour j’ai fait des crèpes pour tonton et mes cousins. C’était drôle de jouer à faire sauter la crèpe dans la poêle mais moi j’aime pas son goût. Je mange le nutella tout seul c’est meilleur. 

J’aime beaucoup faire la cuisinière.

Et quand maman fait la vaisselle avec des gants jaunes à coté de moi, ca me calme. Je joue à côté d’elle en attendant de pouvoir laver des assiettes moi aussi bientôt.

Maman aussi elle m’a dit que le peintre “Sador Dali” souhaitait être cuisinière comme moi quand il était grand garçon. C’est le copain de ma maman Dali, elle l’aime beaucoup. On va voir ses dessins dans son musée. Lui, on ne le voit jamais mais un jour peut-être dans une autre vie a dit maman.  

Les peintures et les statues sont vachement belles meme un peu bizarres. Je me demande si elles sont bonnes à manger ou si elles sentent bon les gateaux !

Madame Laurence applaudit et la classe entière l’imitent.

Madame Léa qui est venue pour l’occasion jette aussi quelques fiers “bravo”. Ils volent heureux aux dessus des applaudissements et font rougir de contentement Vitérev. Il a réussi à faire l’exercice. Maintenant, il n’a plus peur de parler devant toute la classe et la maitresse !

“Nous te remercions Vitérev. Tes rêves rayonnent de possible.”

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La crème de la crème

La crème de la crème plait aux autres !

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La crème de la crème

Il n’y a rien à regretter. 
Il y a des moments pour apprendre.
Il y a des endroits pour grandir. 
On est prêt lorsqu’on se relève toujours plus fort sans peur de respirer le présent bonheur.
Plus facile à écrire qu’à dire enfin… jusqu’à l’accomplir. Être soi c’est accepter de tomber la tête la première.  
De l’échec naissent la sagesse et progrès. Remercions ces impasses et ces difficultés et voyons-les comme des challenges et opportunités de se bonifier. 

« Allez ! Allez ma belle !

Encore une fois. Relève-toi. » se motiva la dame devant le miroir. Elle respira et essuya les larmes naissantes a l’embrasure de ses yeux. Elle savait contenir ses crises.
A 53 ans, Rubis vivait une vie paisible dans la banlieue huppée de Calabasas en Californie. Originaire du Mexique, elle s’était installée aux Etats-Unis pour commencer sa vie maritale. Elle avait tout ce dont on pouvait rêver. La majorité des gens qui la croisait, voyait en elle une femme au contrôle de sa vie. Elle semblait bien entourée et ne manquait de rien.
Sa beauté figeait telle une empreinte d’élégance et de raffinement donnait le change. Un masque de prospérité incompatible avec la peur de manquer… enfin sur le papier.

Rubis, très jeune,

apprit que l’apparence était une arme redoutable. Les gens croyait d’abord ce qu’ils percevaient. Elle travailla son port de tête, sa posture droite, ses mouvements gracieux. Elle fit très attention à maintenir une taille de guêpe coûte que coûte et peu importe les manières d’y arriver. Elle veillait à être apprêtée jusqu’au bouts des ongles quelque soit le jour ou le moment de la semaine.
Elle avait grandi à l’époque où les femmes s’émancipaient. Elle récupéraient le droit de votes. Elles prenaient soi-disant la liberté sur leur sexualité et et décidaient de leur choix de vie. Cela n’avait pas réellement changé grand chose à leur statut social et le fait de s’élever haut et seule dans la vie, pensait Rubis. La femme libre était plus une paria qu’un mythe dans beaucoup de coins du monde et dans celui de Rubis.

Elle pris une grande respiration

et sourit au reflet qui ne lui ressemblait plus dans le miroir. Elle se promit de s’effondrer sur son lit ce soir avant de placer des compresses au thé vert sur ses yeux pour éviter toute trace de sa depression. Soulagée de savoir une libération proche, elle saisit à deux mains le plateau de patisseries et entra dans le salon, un large sourire sur le visage.
« Dora, tu nous as tellement gâtée. On a envie de goûter à toutes ces merveilles ! Bonjour la séance de sport de demain ! » s’exclama t’elle en face de son mari et des deux couples d’amis qui étaient venus déjeuner en ce samedi midi.
Dora et Mike partirent vingt minutes plus tard après le temps du dessert. Quant à Céline et Robert, il restèrent jusqu’au milieu de l’aprés-midi. Robert était l’associé de Frank, le mari de Rubis. Lui et sa femme vivaient à présent sur la Cote Est. Lorsqu’il revenait en Californie, Frank et Robert rattrapaient le temps en parlant stratégie et finance pour le futur de leur start up. Ils échangeait ensuite des balles sur le terrain de tennis que Frank avait fait construire derrière la piscine au sein de leur résidence. Ce fut le programme de la journée encore une fois. En attendant, les épouses prirent le thé et parlèrent de chiffons, de décoration et des prochains mariages de la saison.

Lorsque l’horloge sonna les 17 heures,

tous les convives avaient enfin quitté le domicile et Frank était parti s’enfermer dans son bureau. Rubis pria Dolorès de nettoyer le salon et la cuisine. Elle lui souhaita de passer un bon dimanche puis monta l’escalier vers sa chambre.
Elle ôta ses vêtements et ses bijoux et passa le haut d’un pyjama. Si tôt son costume de scène enlevé, elle succomba a l’épuisement et à la tristesse qui étaient devenues ses meilleures amies, ses guides dans la vie. Elle s’allongea et rencontra ses pleurs en fermant les yeux.
Elle s’accorda dix minutes pour se laisser aller, quinze tout au plus, puis alla se nettoyer le visage et preparer ses compresses de thé. Elle se servit un grand verre d’eau qu’elle agrémenta de quelques calmants et anti-dépresseurs. De retour au lit, elle sourit à l’idée de sombrer. Et comme chaque soir, elle se répétait que tout allait bien.

Elle avait élevée Loriana

et sa fille était aussi forte que magnifique.. Après un divorce douloureux mais dont elle était sortie la tête haute, elle avait trouvé Frank. De quoi pouvait-elle bien se plaindre ? Que lui manquait-elle ? Qu’avait-elle à regretter ? “Rien !” était la réponse qu’elle se forçait à chaque fois à donner .
Elle se mentit à elle même encore une fois ce soir là parce qu’il était sans doute plus facile de se penser indigne et insatisfaite que d’affronter la vérité et tout perdre.

Si seulement elle se décidait à accepter

qu’elle avait le droit de ne pas se sentir heureuse, elle pourrait alors sans doute évacuer le vide dans son coeur. Elle parlerait ouvertement à sa psychiatre de ce qui la dérangeait vraiment. Une anorexie de trente ans d’âge avec la peur au ventre de prendre quelques grammes juste en respirant. Une vie de couple qui n’était qu’une mascarade : Frank vivait depuis 5 ans avec sa maitresse et ne rentrait chez eux que le weekend pour les rencontres sociales comme celles d’aujourd’hui. Un relation distendue avec Loriana qui ne supportait plus de voir sa mère dans cet état de soumission et de déni. Et enfin affirmer qu’elle ne savait pas ce qui la rendrait vraiment heureuse parce qu’au final elle ne se connaissait pas sans son costume de femme riche et comblée.
Une seconde d’hesitation pour une lueur d’espoir que les cachets tuèrent pour que Rubis voyagea dans le seul endroit où elle était elle et où elle était bien : ses rêves.
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Rêve en réalisation

J’ai tant rêvé de toi. Je voyais le jour ou je pourrai enfin emménager tout prés. Depuis 5 mois, je te vois presque tous les jours. Et toujours, je suis conquise de joie comme si je te trouvai pour la première fois. A toutes les beautés de la vie. A toutes les raisons de célébrer. A la nature. 

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REVE EN REALISATION

J’aimerais m’emmener au bord de toi,

Vivre dans l’immensité de ta beauté.

Tu enlaces mon être en le berçant

gentiment, doucement, tendrement.

Je te sens, je te vois et je vibre.

Je me prépare à partager avec toi un moment magique,

ceux que je garde tout près de mon cœur lorsque je dois partir.

Je suis prête. Sérénités de mes sens,

Je marche vers ton eau.

Les grains me massent les pieds,

Alors que je te touche.

Apaisée, je cours à présent.

Ton liquide salé vient saluer ma peau.

Je retrouve la terre, la nature, la mer.

Au Revoir Papi

A tous ceux qui portent dans leurs cœurs les mamies et papis de ce monde, qu’ils vivent tout proche ou dans vos souvenirs heureux.

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Au Revoir Papi

« Papi, mais que fais-tu là ?

-Ah ma petite fille adorée ! J’attends ta grand-mère voyons !

-Mamie ? Tu es sûre que tout va bien ?

-Je vais très bien chérie. Mamie a une surprise pour moi. Elle m’a dit de préparer les beignets en attendant. Elle les aime bien grillé avec l’œuf au milieu tu sais comme ton papa. Frère Jacques, Frère Jacques, dormez-vous ? Sonnez les… »

Il chantonnait si naturellement et son sourire brillait. Il ne portait plus son dentier. Il avait retrouvé sa carrure et se tenait bien droit. Papi était tout beau, bien coiffé, habillé de sa jolie djellaba grise avec des broderies simples autour du col et de la poche. Je le voyais se dandiner tout content, les yeux brillants comme un enfant à qui on eut promis un somptueux cadeau.

L’odeur de son eau de Cologne envahissait doucement mon système nasal. Du Roger Gallet eau de figuier, je la reconnus facilement. C’était sa préférée. Moi qui détestais habituellement ce parfum, il me réchauffa le cœur en le pinçant un peu à droite à gauche.

Il y avait tant de lumière autour de nous.

Une lumière intense et apaisante. Je pris le temps un instant de regarder où nous nous trouvions. Nous n’étions pas à la maison mais en extérieur, au bord de l’eau. Le sable blanc étincelait. J’avais l’impression de marcher dans le vide. Mes pieds touchaient à peine les grains. En face de moi, en arrière-plan, je vis la mer.

C’était une mer d’été. A la pointe de jour, elle se dessinait légère. Un vert émeraude tranquille et sage dans lequel les bancs de petits poissons brassaient librement. Il n’y avait pas de vagues ou si peu. Et celles que j’aperçus dansèrent jusqu’au sable sans faire de bruit. Je n’entendais que le son de la lumière puissante comme la vie qui éclairait mes yeux. La scène semblait sortie d’un livre. Le soleil était-il déjà si haut perché dans le ciel ? pensai-je sans vraiment attendre de réponse logique.

Je reculai encore d’un pas pour observer et tenter de comprendre. Au fond, la plage était splendide et encore endormie alors que le jour semblait si clair et éblouissant. Autre chose étrange, je n’avais pas chaud. J’avais même la peau fraiche.

Le bruit des bulles dans l’huile brulante attira mon attention.

Mon grand-père s’affairait maintenant à préparer les beignets du petit-déjeuner devant un petit stand métallique que je n’avais remarqué plus tôt. L’impression de déjà-vu s’immisça dans mes pensées.

« J’ai laissé sur ma table de chevet le livre de prière que j’utilisais pour te chanter Had Gadya. Tu sais ma fille, la chanson de l’agneau avec le chien, le chat, le bâton, l’eau et le feu.

-Oui papi je sais bien. Je la chante avec toi à chaque Pessah. Pourquoi me dis-tu cela maintenant ?

-Tu trouveras la photo de ton fils de dedans. Je le connais bien peu mais je l’aime tellement. Le livre est pour toi. Tu le lui donneras lorsqu’il sera en âge de chanter nos chansons et avec notre air bien sûr. »

La seule réponse que j’eus fut de rester silencieuse un moment. Loin d’être dans mes habitudes, je me retrouvai ébétée par cette annonce que mon inconscient me jetait et que ma conscience rejetait.

« Tu te rappelles les lettres de Camus ? Celles que je t’avais montrées petite ? Tu les trouveras dans le tiroir de mon ancien bureau. Il est fermé mais la clef est quelque part par-là, dans une boite, tout près de ma collection de petits animaux en bois. Cela te sera utile pour ton prochain livre.

-Mais papi, pourquoi me dis-tu tout cela là ? Je ne comprends même pas ce que nous faisons ici pour commencer. Mamie est partie depuis longtemps. Tu es sûr que c’est bien elle que tu attends ? »

Cette fois, la seule réponse que j’eus, fut son regard posé sur moi, rassuré et rassurant, plein de compassion et d’excitation.

Subitement, il tourna la tête vers la droite.

Je suivis son geste. Sa concentration semblait maximale. J’eus l’impression qu’une force immense l’appelait. Je ne voyais rien d’autre que l’étendue de plage idyllique. Lui, restait figé sur le lointain.

Alors que je trouvais la situation de plus en plus étrange, je réalisai que je n’avais jamais été jusqu’à l’eau avec mon grand-père auparavant. Insulaire, il n’appréciait pas la mer en tout cas pas depuis ma naissance, ni à ma connaissance. Nous n’avions encore jamais marché ou parlé, nos pieds baignant dans le sable. Enfant, je lui avais certainement proposé de m’accompagner à la mer plusieurs fois. La réponse avait dû être fermement négative pour que j’inscrive que papi et la plage ne pouvaient faire bon ménage.

J’entendis d’abord des pas.

Des pas doux, féminins et très élégants. Au bout de mes yeux, loin tout là-bas dans l’horizon, où mon grand-père avait plongé ses yeux, se dessina une tornade de sable. Plus mystérieuse qu’effrayante, elle m’hypnotisait lentement. Je sentais ma gorge se relaxait comme si j’allais crier ou hurler de joie. De mon cœur sortaient mille papillons colorés de tons bleu nuit, rose, bleu pâle et vert anis.

Des pieds apparurent au bas de la tornade. Ils avançaient en rythme, confiants et droits. Des pieds de femmes aux ongles colorés de rouge. Puis des jambes se révélèrent plus rapidement. Aux genoux apparut un tissu élégant, légèrement bariolé d’un bleu sombre. La robe sortit doucement comme on découvre la tenue de mariée d’un défilé Haute Couture. Elle était cousue main. J’admirais le travail raffiné et parfaitement soigné sur la grande dame qui la portait. Je savais déjà qui j’allais revoir sans pouvoir vraiment y croire.

Son visage apparut enfin.

Sa chevelure longue et puissante l’habillait telle une parure de diamants noirs. Son regard profond m’attendait. Ses yeux étaient dessinés au khôl comme à son habitude. Sa bouche petite, fine et droite pourtant fermée semblait me fredonner la comptine de mes années d’enfance, la favorite de mon fils aujourd’hui. Sur le haut de sa tête, trônait un joli foulard de soie. Joyeusement coloré, il accessoirisait chaleureusement son allure. Il paraissait identique à celui que je gardais précieusement emballé dans l’armoire de mon ancienne chambre chez mes parents. Des tons de bleus en dégradé comme un ciel qui raconte une vie douce et passée.

Lorsque tout son être apparut, la tornade éclata derrière elle et la plage reprit son calme immobile. Je cueillis chaque minute de douceur comme une immensité d’un bonheur mystérieux.

Elle s’approcha de papi. Leurs regards se touchèrent. Un million de messages s’envolèrent vers le ciel. Des excuses, de l’amour, une étreinte invisible et une entente immuable. Papi lui tendit un beignet bien trop cuit avec un œuf tatoué au milieu. Le bruit mélodique des bracelets de madame lorsque de sa main elle saisit le beignet raviva mes moments d’enfance perdus. Elle prit une serviette sur le comptoir et servit à son tour à mon grand-père d’un beignet qu’elle trempa dans le sucre.

Un instant de vie extraordinaire, comme une peinture que j’aurais aimé regarder toutes les nuits avant de m’endormir.

Bonjour ma petite fille

« Bonjour ma petite fille, s’exclama-t-elle d’une voix douce et claire,

-Bonjour mamie.

Tu me manques. Comme tu es belle !

Tu me manques aussi beaucoup.

Tu reconnais cet endroit n’est-ce pas ?

Oui à présent. C’est là où nous nous trouvions avant que tu t’en ailles vers de nouvelles aventures. Je suis revenue tellement de nuits te chercher ici après ton départ.

-Tu sais alors pourquoi je suis ici. »

Elle n’attendit pas ma réponse et me sourit avec tellement d’amour avant de tendre sa main libre à papi qui s’en saisit gaiment. Il me sourit à son tour et ajouta : « Prends des beignets, j’en ai fait pour ton fils. Il les aimera comme je mange les miens. A bientôt. »

Un beignet à la main, et main dans la main, ils marchèrent longeant la plage vers l’horizon. Je les suivis du regard en les écoutant rire. Quelques bribes de leurs échanges voyagèrent vers moi « …Pourquoi pas… c’est un scandale… c’est la vie, quand on est mort c’est fini ! » Mon grand-père draguait manifestement la belle dame à son bras.

Leurs images s’effacèrent lentement devant moi.

Je me retournai pour partir lorsque je me souvins de la proposition de mon grand-père. Je saisis 2 beignets dont un que je trempais beaucoup dans le sucre. Je les entourai de papier aluminium et de serviettes et m’en allai lentement vers la lumière.

« Mon petit oiseau… Mon petit oiseau a pris sa volée…sur un oranger… se marier…. Maman ! Chante encore ma chanson ! Maman, lève-toi ! Allez, c’est le matin ! Maman, on va à la plage ce matin ? »

Une voix d’enfant hurlait sur moi et je sursautai lorsqu’un petit doigt entra dans mon oreille comme pour s’assurer qu’elle était ouverte et à l’écoute.

« Où suis-je », pensai-je un court instant ? Soudain, un coup sur le nez suivi d’un énorme câlin avec des bisous à la tétine me ramenèrent rapidement au moment présent. 6h45 du matin. Mon fils venait me réveiller. Et il quémandait déjà son petit déjeuner. Chouette !

Je le pris dans mes bras.

Ensemble nous allâmes aux toilettes. Après s’être lavé les mains et le visage, mon enfant fila dans la salle à manger m’attendre à table comme à son habitude. Je m’étirai dans la cuisine avant de chercher dans le réfrigérateur un kiwi et de la confiture d’abricot. Je trouvai mon fils bien silencieux et patient pendant que je préparai les toasts et coupai le kiwi. Il devait peut-être sommeiller encore un peu.

Quelques minutes plus tard, fin prête, j’apportai les assiettes dans la pièce principale. En posant les yeux sur mon garçon, je compris les raisons pourtant inexplicables de son silence.

« Maman, merci pour les beignets. Ils sont encore chauds mais pas trop, juste comme je les aime. Je préfère avec le sucre, beaucoup de sucre. »

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Accorde-toi le temps d’être toi.

“Donne-toi le temps de vivre le bon comme le moins bon. Ce dernier est là pour que tu touches le bonheur du doigt.”

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Accorde-toi le temps d’être toi.

« Merci maman. C’est gentil de m’appeler.

Mais ne t’inquiète pas, ça va. » Jonas avait déjà hâte de raccrocher. Ce n’était pas le bon moment pour parler à sa mère. En ce moment ce n’était d’ailleurs jamais le bon.

-Je sais que tu veux raccrocher mais viens me voir ce soir s’il te plait. Il est temps que je te donne quelque chose. Je t’embrasse mon trésor des Caraibes. A ce soir… BIP BIP BIP »

Theresa avait déjà raccroché. Elle savait tellement bien comment le coincer sans qu’il n’ait ni choix possible, ni mot à rétorquer.

L’adoration que Jonas portait à sa maman balaya en quelques dixièmes de seconde la frustration et l’énervement de se sentir infantilisé. Oui, il avait parfois envie de lui tordre le cou comme tous les enfants avec leurs parents et réciproquement.

Mais ils formaient une équipe. Dès l’âge de 2 ans, Jonas, précoce de la parole, répétait fièrement “maman et moi, on est une équipe” comme le meilleur des slogans. Trente plus tard, ses grands-parents ravivaient encore ce souvenir d’enfant lorsqu’il venait les voir à Paris.

Theresa et lui avaient traversé la vie à deux.

Il n’avait manqué de rien. Elle lui avait offert une vie d’amour, de découverte, de confort. Elle était son super héros. Il avait grandi en voyant sa maman aider tellement de gens. De ses romans, recueils de poèmes et petites nouvelles, elle soignait les coeurs en apportant de l’amour et des conseils justes et avisés.

Elle disait que l’écriture et la musique lui permettaient de transcender. Les mots vibraient sous ses doigts habiles. Et, comme ensorcelés d’énergie positive, ils pansaient les blessures, ouvraient les chakras, animaient les rires et les rêves oubliés.

Theresa aimait la lumière le temps d’une pleine lune.

Elle n’était pas de ceux qui pouvaient quitter leur anonymat. Elle aimait bien trop sa liberté nomade presque bohême. Sa volonté était que chacun trouve son interrupteur et brille. Elle refusait poliment de faire des photos avec ses fans en leur expliquant que ça la mettait mal à l’aise. Elle leur proposait à la place un café, une balade, un moment unique de vie, de vraie vie dans le partage sans téléphone, caméra ou autre alternative pour se désinscrire du présent.

A la maison, rien que tous les deux, le programme était simple et des plus répétitifs : fous rires, jeux de voitures, peinture, dessin de camions, bagarres et câlins d’hélicoptère. Jonas était obsédé par les automobiles et tout ce qui servait à se déplacer. C’était beau à observer. Le temps était doux et soyeux. Jonas avait vu pleuré Theresa quelques fois. Elle lui répétait dans ces moments rares que c’était normal de pleurer et qu’il ne fallait pas en avoir honte. Si l’on tombait c’était pour apprendre à se relever, et Theresa toujours se relèverait.

Bon ben, ce soir ce sera passage obligé chez maman, pensa Jonas.

Qu’allait-il lui dire ? Comment être fort alors qu’il était encore perdant, que tout autour de lui s’écroulait. Il ne savait pas comment il allait prendre soin de sa petite famille sur le long terme. Charlie, sa fille, avait à peine 2 ans. Elle était tout son monde, son oxygène, sa raison de sourire et de croire en la vie. Aujourd’hui et depuis quelques mois, il se sentait coincé et honteux. Le sentiment d’échec lui serrait la gorge et sa peur lui vidait le ventre pour n’y placer que des nœuds et des maux. Il avait l’impression de ne plus avoir d’air pour respirer.

Jonas venait de perdre son travail.

Un travail qu’il n’aimait pas particulièrement au début et qu’il avait fini par détester sur la fin. Il n’y trouvait aucun sens. Il ne se sentait pas utile et pas à sa place mais un peu comme tout le monde se disait-il.

Il prit son téléphone, deux clics pour ouvrir WhatsApp et envoyer un message d’annulation. Il viendrait fin de semaine ou le weekend prochain. « Mon ange, j’ai préparé les pâtes que tu adores avec la tomate fraiche et sans ail, et la salade avec beaucoup d’avocat et de concombre. Peux-tu passer prendre une baguette de pain complet à la Brioche comme cela j’en aurai aussi pour demain. Tu m’aides beaucoup mon cœur. Merci. Maman »

Theresa était voyante par-dessus le marché ! Il n’était même plus surpris. Un sourire dans le coin, content d’avoir perdu la bataille, il fila sous la douche, enfila un tee-shirt et grimpa sur sa moto direction la Brioche.

« Entre mon fils.

Viens me faire un bisou, je mélange les pâtes. Elles sont Al dente ! »

Theresa cria ses mots alors que Jonas s’apprêtait tout juste à tourner la poignée pour entrer.

Un parent sent la présence de son enfant à un mètre comme à des centaines de milliers. Jonas le savait à présent. Il aurait voulu amener Charlie avec lui chez sa Nana. Cela aurait surement éviter le tête-à-tête sérieux qu’il s’apprêtait à vivre. Cependant, elle était avec Karen, son ex-compagne jusqu’à demain soir. Theresa avait aisément déjoué tous ses plans et il l’avait laissé faire. Il espérait secrètement être sauvé sans vraiment y croire consciemment.

A table, le repas fut calme et léger.

La maman écrivaine adorait préparer les plats préférés de son fils. Elle n’était pas un cordon bleu ni une maman de maison qui passait son temps à pâtisser. La cuisine se devait d’être simple, gourmande et équilibrée. Elle n’accordait aucun intérêt aux plats qui nécessitait plus de 10 ingrédients ou épices, des tonnes d’huile, du beurre ou plus de 30 minutes de préparation de sa part. “Pourquoi faire ?” répétait-elle.

Elle excellait en revanche dans ce qu’elle aimait concocter. Les pâtes étaient au cœur de son art culinaire. Jonas les adorait depuis petit.

Theresa raconta quelques histoires drôles à son fils.

Jonas, plus détendu qu’il ne le pensait, se délecta du repas et de toutes les surprises qu’elle avait préparée pour lui. Un saumon au four mariné à la sauce Teriyaki entre autres avec des câpres et de l’huile d’olive d’Italie. En dessert, des glaces sous la forme de palettas 100% fruits à la coco et à la mangue faites maison. Et puis, des Kinder, des boules Lindt et des After Eight quasi impossible à trouver ici mais pas pour sa maman super-héros.

A la fin du repas, Jonas s’apprêta à battre en retraite repu et soulagé d’avoir évité le « big talk ». Il se leva de sa chaise et pris dans ses bras le sac contenant les livres et les chocolats en cadeau pour Charlie.

« Maman, merci pour le repas.

C’était un délice comme toujours.

-Chéri, assieds-toi. Je t’apporte une dernière chose et puis tu rentres. Cela ne prendra pas longtemps, je te le promets. » ordonna Theresa.

Theresa 3 – Jonas 0 – Pourquoi retenter à chaque fois ?

Il sentit son cœur s’accélérer et son estomac se serrer. Sa peur l’avait laissé tranquille le temps du repas. Il n’avait plus de job, plus de rentrées financières. Il n’avait rien fait d’exceptionnel lui. Il gagnait sa vie normalement, dans une vie normale à faire des choses normales. Il pensait comme cela mettre à l’abri sa famille. Il s’était convaincu que la vie d’adulte c’était être dans cette normalité, petite et vraiment très normale.

Theresa le rejoignit au salon avec une valisette.

Jonas ne la reconnaissais pas. Il n’imaginait pas que sa mère pouvait posséder ce genre de bagage d’un ancien temps. En cuir marron, un marron wengé usé par le temps. La valise affichait des rayures et plissures sur son cuir épais comme des tatouages racontant ses voyages. Deux boucles ardillons entouraient l’anse principale. Celle-ci chantonnait d’un vieux bruit de métal creux à chaque fois que la valise bougeait et que les anneaux de fer poreux tapaient entre eux.

Theresa posa la valisette sur une serviette qu’elle avait apporté pour recouvrir la table du salon. Depuis le Covid, elle avait atteint le stade 4 de la « cleaning freak »… Puis elle attira son attention sur la valise en tapant dessus. L’heure était si sérieuse que le temps avait ralenti comme pour se figer. Jonas était prêt.

« Tu n’as jamais vu cette petite valise avant, je me trompe ?

-Non en effet. C’etait à..

-Non mon cœur. La valise appartenait à tes arrière-grands-parents. Pipo et Mamie Daisy. Tu n’y trouveras rien qui leur appartiennent dedans. Je l’ai gardé comme un de mes plus beaux souvenirs de jeunesse mais cette histoire est pour un autre jour. Allons droit au but si tu veux bien. »

Theresa défit chaque boucle ardillon en tirant bien fort dessus avec le plus grand soin. Elle respira profondément et avala la boule d’émotions qui s’était formée dans sa gorge. Le moment était important pour elle aussi. Elle l’avait attendu. Elle ouvrit cette capsule de temps. Jonas vit passer des centaines de moments passés dans les yeux de sa maman. Il attendit qu’elle soit prête à poser des yeux humides sur lui.

« Jonas, te rappelles-tu ce que je faisais avant d’écrire ? »

La question le surprit énormément. Il n’eut pas de réponse à lui offrir.

Alors Theresa commença à se libérer : « La réussite n’est qu’une suite d’échecs disait Churchill et je ne peux qu’être d’accord. Tu vois ces cahiers posés dans la valise. Ce sont les carnets de mes peurs.

-Quel rapport avec moi maman ? Je n’ai pas peur ne t’inquiète pas », mentit Jonas.

«Amour, je sais que tu ne vois de moi aujourd’hui qu’une personne forte et accomplie. Et si je suis ravie que tu sois fière de moi, je me rends compte aussi que j’ai failli à ma mission. Celle de te montrer que tomber est normal et que plus on tombe plus fort on se relève.

Je dois te demander pardon.

J’ai voulu te protéger et te montrer que les rêves les plus fous sont atteignables. Mais dans ma course effrénée, j’ai mis de côté le plus important, le chemin. Je souhaiterais à présent si tu as cinq minutes te raconter que toute grande histoire nait de la vulnérabilité et de l’échec.

Avant d’écrire et de trouver ma voie, je travaillais dans l’architecture. J’avais même monté un cabinet et affichait fièrement mon statut d’entrepreneur. C’était la voie royale. J’avais pris des risques qui payaient. Je ne vibrais pas au fond de moi mais je signais beaucoup de contrats. Je courrais les missions, je donnais des interviews et des conférences. Je travaillais tous les jours, dimanches et vacances inclus. Je gagnais mes sous plus correctement que la majorité des personnes de mon âge que je connaissais. J’étais dans la comparaison, dans la rassurance et j’espérais pouvoir un jour me reposer et vivre heureuse. Le temps a passé et l’étau s’est resserré. Je voulais faire autre chose mais j’étais déjà lancée. Je me sentais bloquée.

Lorsque tu es arrivé dans ma vie,

tu as bercé mon présent de joie. J’essayais de me faire une raison et d’accepter de ne pas être épanouie dans mon travail. Après tout, la majorité des gens n’aimaient pas le leur. Je savais que je t’élèverai seule et j’allais tout faire pour tenir debout sans tomber. C’était sans compter les projets du destin.

Lors de la crise financière de 2008, j’ai perdu la majorité de mes clients. Et je n’étais pas bonne gestionnaire. Je me suis retrouvée à terre, sans force ni volonté de tout reconstruire. Je détestais depuis longtemps cette carrière et même si je me sentais responsable de toi et que j’avais des factures à payer, j’avais décidé de laisser le bateau couler. Je ne dormais plus la nuit. Je voyais mon échec. Je croyais ne plus savoir faire et gagner de l’argent. J’avais perdu confiance en moi.

Je me rappelle du jour où j’ai mis à terre mes peurs pour choisir de croire en moi et en la vie. Tu avais 2 ans et 9 mois précisément et tu m’as dit : « maman toi tu es Batman et moi je suis Spiderman. On est des super-héros. Tu es mon super-héros, maman. »

Ces livres que tu vois,

j’ai fini de les écrire le jour où j’ai fermé le cabinet, quelques semaines plus tard. J’ai compris que sauter dans le vide serait le seul remède. Faire ce que j’aimais. Mais tu vois, je ne savais pas ou plus quels étaient mes rêves. Il m’a fallu le temps de les retrouver, de me tromper, de pleurer, de réessayer, de vendre la voiture, de partir nous installer en campagne. J’ai fini par me détendre lorsque j’ai compris que je saurais subvenir à nos besoins quoiqu’il arrive.

J’ai donné des cours de français principalement. Nous avons vécu plus modestement pendant un temps. J’ai pris le temps d’écrire. Le matin après t’avoir accompagné à l’école et la nuit après t’avoir mis au lit, ces temps étaient dédiés à ma machine à écrire. J’étais assidue et je taisais la petite voix aigrie et sournoise qui me demandait pour qui je me prenais.

Mon premier roman

a été refusé officiellement par 28 maisons d’édition. Et j’en avais contacté plus de 50 !

Pour le second roman, j’ai d’abord contacté un journal très connu de l’époque pour en publier un chapitre gratuitement sur son site. Cela a pris 3 mois. J’ai signé par la suite mon premier contrat. Et ma carrière s’est envolée. Le premier roman est sorti la même année en fin de compte et j’avais des commandes pour les suivants. Tu avais 4 ans et comme tu étais beau et adorable. Sache que j’avais dû continuer ainsi encore 4 ans je l’aurais fait crois-moi.

2 ans plus tard, lorsque nous avons emménagé au Canada. Il a fallu tout déménager et je n’ai pu me résoudre à jeter ces cahiers où sommeillent mes terreurs finalement infondées. Je les ai mises dans cette valisette au cas où le jour viendrait. Ces cahiers sont à toi. Tu es libre de les lire, les bruler ou ce qu’il te plaira. Mais amour plus que l’objet comprend le sens qui s’en dégage.

Aujourd’hui je te propose de parquer tes peurs ici dans cette valise

à côté des miennes, lorsque tu seras prêt bien sûr. Il est temps de te réaliser tel que tu le souhaites. Pas petitement. Pas normalement. Pas responsablement. Mais humainement. A ta façon être heureux. Accorde-toi le temps d’être toi. »

Les larmes qui tombaient sur la table de ses yeux, Jonas ne les avait sentis montées. Lui qui avait toujours vu sa maman comme une immensité de talent, une statue indestructible voyait enfin la faille. Elle était là depuis toujours. Il ne savait juste pas que cela s’appelait la vulnérabilité.

« Maman, tu t’associerais avec ton fils s’il décidait d’ouvrir un garage automobile spécialisé dans les voitures et camionnettes de collection ? »

Si tu préfères écouter plutôt que de lire… voici l’audio. Enjoy !

Brighton

Si tu préfères écouter plutôt que lire, je t’invite à démarrer ici ! Enjoy
La lecture commence ici 👇🏽

Brighton

Madère, le 4 juin

C’est comme la fin d’un été. On voit tout s’éteindre devant nos yeux.

Les plages se vident. Les stands de bijoux, de joujoux et de bonbons lèvent le camp. Les campeurs décampent aussi. En quelques jours, tout change. Les couleurs. Le bruit. L’excitation. A la place des cris, règne le long silence. Un Luxe tant désiré et rare il y eut quelques jours à peine. Bientôt, les rues se couchent dès la tombée de la nuit. Le temps se ralentit. Flottent les souvenirs à l’odeur douce et amère dans le cœur de ceux qui restent. A 16 ans, je détestais déjà voir mes vacances se terminer.

Je fais souvent défiler les mémoires de mes étés, adolescente à Brighton. Ce sont les épisodes les plus heureux de ma vie. J’ai toujours été la vacancière qui collectionnait les visites et weekends. Je n’avais jamais vraiment saisi la douleur de l’abandon des gens qui restent et que l’on quitte. Plutôt brutal je dois dire. ”

Je pose mon cahier, le crayon calé entre les pages sur lesquelles je viens de noter mes émotions. Ecrire me fait toujours le plus grand bien surtout lorsque mon coeur me serre et que j’ai l’impression de m’étouffer doucement.

Voilà, il est 17h00. Je regarde nos clients célébrer le début du week-end et pourtant ma joie de vivre semble avoir disparu. Je porte un cœur de plomb et des yeux bordés de larmes.

Je m’appelle Nina.

J’ai 29 ans et je me suis installée il y a 4 mois au Portugal.

Mes parents sont repartis en Angleterre cet après-midi. Ils ont séjourné 3 semaines chez moi à Madère. C’était mémorable mais c’est passé trop vite. Ils m’ont dit être venus parce que je leur manquais. Je pense qu’ils voulaient surtout se rassurer et comprendre ce que je faisais ici. Nous avons visité les lieux qui me tiennent à cœur encore gardés secret. Leurs préférés furent incontestablement L’île des Poissonnes et l’Etoile d’Orion. Ils semblent s’être bien amusés. Ils sont partis depuis quelques minutes et déjà je me laisse gagner par un vide immense. J’ai comme perdu de vue le plaisir et les raisons qui m’ont faite venir jusqu’ici. La peine nourrit nos craintes et, à ce moment précis, je pense avoir perdu la bataille du toucher-couler avec mes peurs.

Ma vie a complètement changé.

Un soir d’insomnie à la mi-février,  je perdais mon temps sur Instagram à attendre que le sommeil me gagne. Impossible pari. Je n’allai pas regretter cependant d’avoir perdu mon temps de sommeil ce jour là. Dans les stories, je tombai sur celle de Bea dans sa vie d’entrepreneur au Portugal. Rayonnante et les yeux plein d’étoiles, elle annonçait l’ouverture de son second restaurant. L’endroit était encore tenu secret. Elle expliquait rechercher une personne de confiance pour gérer ce nouveau restaurant en bord de plage. Dans ma tête, une voix hurla “QUI MIEUX QUE MOI !!!” si fort qu’elle fit echo encore plusieurs secondes avant que je puisse retrouver le fil de mes pensées. Sans réfléchir, je félicitai mon amie d’enfance. Je lui demandai si elle pouvait considérer ma candidature. Certes j’étais experte comptable aujourd’hui mais j’avais cumulé 5 ans d’experience dans la restauration pendant mes études. J’adorais depuis toujours les lieux de vie.

Quoi de mieux qu’un restaurant pour se sentir vivant. J’aimais voir les gens se rencontrer, rire, s’aimer et oui parfois aussi se disputer. J’expliquai enfin à Béa que je pouvais me charger de la gestion financière en plus de celle du restaurant. Deux semaines plus tard, j’avais quitté mon job, mon appart, mon mec du moment et je décollai pour Madère.

Ici, tout semble si simple.

J’apprend le portugais. J’ai des amis et je rencontre de nouvelles personnes chaque jour. Je me sens bien dans mon corps et dans ma tête comme si je découvrais enfin le sens d’être bien avec soi. Les jours flottent et passent intensément.

Avec l’arrivée de mes parents, les choses semblent avoir changé. J’ai mis ma nouvelle vie entre parenthèses. Il ne m’ont rien demandé. Je voulais simplement profiter avec eux parce que le temps nous était compté. Et que je tenais le chrono bien serré dans ma main.

Le téléphone sonne

et me ramène à la vie présente. C’est Béa. Elle est à Lisbonne cette semaine. A ma voix elle reconnait les symptômes mélancoliques. Elle me conseille de laisser les choses décanter et de lever le pied quelques jours. “ C’est l’illusion de la solitude qui guette les gens heureux. C’est un moment que tu dois passer avec toi-même. Aies confiance. ” m’explique t’elle avant de me faire promettre de l’appeler si j’ai besoin de parler.

Je suis son conseil sans broncher. Je rentre à la maison. Immobilisée par la peur, j’invite la détresse et la tristesse lorsqu’elles frappent toutes deux à ma porte. Vendredi soir, je pleure. Samedi, j’annule mon dîner avec les copains, je suis fatiguée. Dimanche, il pleut. Lundi c’est mon jour de repos… et mardi je regarde les billets d’avion pour rentrer.

Sur Kayak, chaque vol m’angoisse plus que le précédent. Que vais-je faire à Londres ? Je n’y vois pas de futur. C’était déjà le cas bien avant de venir alors là… Je pourrai venir en vacances mais je préfère attendre décembre comme prévu.

Les mots bienveillants de Bea prennent tout leur sens.

Devant mes yeux, la couleur de l’instant revient à la vie. L’eau a meilleur goût. Le canapé est plus confortable. L’appartement de 100 mètres carrés que j’occupe seule fait à nouveau 100 mètres carrés ! Je suis à Madère. Je fais ce que j’aime. Je vis.

Je ferme mon Mac, prends les clefs, mon Jacquemus, mon Iphone et je m’envole. Il est 21h30 et la plage m’appelle. Quelques minutes plus tard, je plonge mes orteils dans l’eau. Je noie mes peurs et laisse rafraîchir mes idées. Le bruit des vagues apaisent mon coeur. Je l’écoute, souriant, se délester d’un poids. Qu’il est bien ici !

J’arrive déjà chez Béa & Nina.

La fête bat son plein dans le resto que je suis fière de gérer et d’avoir co-fonder. Les moments précieux vont bon train. Certains rient à tue-tête, d’autres dansent enivrés par la musique. Les cocktails s’agitent, les desserts se dégustent. Des lèvres se touchent. Je ne manque rien.

Je repense à mes vacances d’adolescente si chères à mon cœur. Pourtant, j’en haïssais la fin. Même si je déteste savoir mes proches loin, je vois ma nouvelle vie comme un été sans fin.

Une voix suave et musicale m’enlève à mes pensées.

« Bonjour, j’ai hésité avant de vous déranger mais… j’ai l’impression de vous avoir déjà rencontré. Je m’appelle Brighton. Puis-je vous offrir un verre ? »

Tu confines et j’écris ?

Et si l’on se servait de l’actualité comme opportunité ?

Au moment où je pose ces mots sur les notes de mon iPhone pour toi, nous sommes à la veille du second confinement.

J’espère par ailleurs que tu vas bien.

Je suis dans le métro, un dernier petit tour dans les transports en commun avant de m’enfermer à triple tour dans mon village montmartrois pour au moins 1 mois… je vis plus 2021.

La chance que j’aie, c’est d’avoir pu garder la majorité de mes interventions en écoles et de ce fait de travailler en distanciel. A mon compte, j’ai pu garder une partie importante de mon business (je me préfère au mot travail, tu me pardonneras my American mindset).

Face à l’humeur ambiante, j’ai pu ressentir l’excitation et l’empressement des gens, dans ma balade au cœur de Paris, à effectuer leurs derniers achats auprès des grandes enseignes telles que H&M ou la Fnac qui fermeront demain. Par soutien, par plaisir, par besoin ou même par peur que les achats en ligne ralentissent ou s’arrêtent net comme ce fut le cas, un temps pendant le premier confinement.

Je perçois aussi beaucoup d’angoisses, de frustrations et d’incompréhension. La peur gagne ceux en poste CDD, CDI… Et se joignent à la crainte générale les sentiments de colère et d’impuissance.

Moi je pense à la jeunesse que j’aime tant voir grandir et s’affirmer en côtoyant des étudiants du monde entier depuis 10 ans. Mais même dans le Luxe, aujourd’hui, nos jeunes managers restent en recherche de poste, d’alternance ou de stage. Et rien ne bouge. Enfin pas tout à fait.

Et si nous regardions la situation avec une perspective différente. L’entrepreneuriat qu’il soit en free-lance, en tant que gérant de société, influencer, artiste, créateur, est à la portée de tous pour réinventer le monde.

Pourquoi ne pas profiter de ce moment pour changer la manière de se mobiliser, de travailler, de gagner sa vie ?

La chance d’être en France ? L’état va aider financièrement ceux et celles qui en ont besoin. Cela n’a pas de prix – cela doit te pousser à sauter le pas.

A l’heure où beaucoup perdent jobs et clients, d’autres s’installent et prospèrent dans les business de demain. Je parle du free-lance, je parle du coaching, de l’influence, du conseil, de la beauté, des applications, de la relaxation, du bien-être, je parle de l’online.

En ce qui me concerne, nous discutons Avec William d’une envie que j’ai d’aller taper à la porte du digital.

« Toc, toc, toc ! C’est moi ! Tu m’ouvres 2 secondes ? »

Réinventer mon métier de consultante et de formatrice pour apporter différemment et au plus grand nombre.

Je me sens tellement changée de tout le travail de self-development que j’ai entrepris depuis 2 ans bientôt.

Les livres, les coachs et leurs sessions live et en replay, les conseils des sages de ce monde sont mes nouvelles façons d’apprendre et de grandir.

Et j’aimerais partager à mon tour le contenu qui aide à se lancer. Croire en ses rêves. Gagner sa vie comme on l’entend. Se faire plaisir. Réinventer le monde. Venir partager à son tour.

Peut-être que cela te semble génial. Peut-être que pour le voisin d’à côté c’est stupide ou ça n’a aucun sens. La situation du moment a le sens que tu lui donnes, non ?

Lorsque tout est gris, lorsqu’il pleut fort sur nos têtes, la tienne et la mienne et même la leurs, comment continuer à vivre et grandir ? S’il y en a à qui cela réussit, et il y en a beaucoup, c’est que c’est tout à fait possible pour eux, pour moi, pour toi !

S’adapter. S’adapter pour danser, chanter, et savourer sa vie autrement. Mieux, plus, librement.

Je te souhaite une merveilleuse journée dans les restaurants et les boutiques. Je te souhaite d’accepter la situation et d’y trouver de la joie.

J’espère te revoir très vite ici ou en live qui sait ?

hank you in advance for your kind answer & please do feel free to contact me for any further information.
Excellent week under the sign of the Epykomène: future, happiness & prosperity.

Audrey Kabla
Luxury Brands Expert
Entrepreneur, Public Speaker & Writer
Founder of Day Rose and Epykomene
Marque & Luxe (Editions KAWA) Author

+33(0)609496071 | AudreyKabla.com

Et si l’on se servait de l’actualité comme opportunité ?

Au moment où je pose ces mots sur les notes de mon iPhone pour toi, nous sommes à la veille du second confinement.

J’espère par ailleurs que tu vas bien.

Je suis dans le métro, un dernier petit tour dans les transports en commun avant de m’enfermer à triple tour dans mon village montmartrois pour au moins 1 mois… je vis plus 2021.

La chance que j’aie, c’est d’avoir pu garder la majorité de mes interventions en écoles et de ce fait de travailler en distanciel. A mon compte, j’ai pu garder une partie importante de mon business (je me préfère au mot travail, tu me pardonneras my American mindset).

Face à l’humeur ambiante, j’ai pu ressentir l’excitation et l’empressement des gens, dans ma balade au cœur de Paris, à effectuer leurs derniers achats auprès des grandes enseignes telles que H&M ou la Fnac qui fermeront demain. Par soutien, par plaisir, par besoin ou même par peur que les achats en ligne ralentissent ou s’arrêtent net comme ce fut le cas, un temps pendant le premier confinement.

Je perçois aussi beaucoup d’angoisses, de frustrations et d’incompréhension.

La peur gagne ceux en poste CDD, CDI… Et se joignent à la crainte générale les sentiments de colère et d’impuissance.

Moi je pense à la jeunesse que j’aime tant voir grandir et s’affirmer en côtoyant des étudiants du monde entier depuis 10 ans. Mais même dans le Luxe, aujourd’hui, nos jeunes managers restent en recherche de poste, d’alternance ou de stage. Et rien ne bouge. Enfin pas tout à fait.

Et si nous regardions la situation avec une perspective différente.

L’entrepreneuriat qu’il soit en free-lance, en tant que gérant de société, influencer, artiste, créateur, est à la portée de tous pour réinventer le monde.

Pourquoi ne pas profiter de ce moment pour changer la manière de se mobiliser, de travailler, de gagner sa vie ?

La chance d’être en France ? L’état va aider financièrement ceux et celles qui en ont besoin. Cela n’a pas de prix – cela doit te pousser à sauter le pas.

A l’heure où beaucoup perdent jobs et clients, d’autres s’installent et prospèrent dans les business de demain.

Je parle de l’entrepreneurial, du free-lance.

Je parle du coaching, de l’influence, du conseil, de la beauté, des applications, de la relaxation, du bien-être, je parle de l’online.

En ce qui me concerne, nous discutons Avec William d’une envie que j’ai d’aller taper à la porte du digital.

« Toc, toc, toc ! C’est moi ! Tu m’ouvres 2 secondes ? »

Réinventer mon métier de consultante et de formatrice pour apporter différemment et au plus grand nombre.

Je me sens tellement changée de tout le travail de self-development que j’ai entrepris depuis 2 ans bientôt.

Les livres, les coachs et leurs sessions live et en replay, les conseils des sages de ce monde sont mes nouvelles façons d’apprendre et de grandir.

Et j’aimerais partager à mon tour le contenu qui aide à se lancer. Croire en ses rêves. Gagner sa vie comme on l’entend. Se faire plaisir. Réinventer le monde. Venir partager à son tour.

Peut-être que cela te semble génial. Peut-être que pour le voisin d’à côté c’est stupide ou ça n’a aucun sens. La situation du moment a le sens que tu lui donnes, non ?

Lorsque tout est gris, lorsqu’il pleut fort sur nos têtes, la tienne et la mienne et même la leurs, comment continuer à vivre et grandir ? S’il y en a à qui cela réussit, et il y en a beaucoup, c’est que c’est tout à fait possible pour eux, pour moi, pour toi !

S’adapter.

S’adapter pour danser, chanter, et savourer sa vie autrement. Mieux, plus, librement.

Je te souhaite une merveilleuse journée dans les restaurants et les boutiques. Je te souhaite d’accepter la situation et d’y trouver de la joie.

J’espère te revoir très vite ici ou en live qui sait ?

Audrey Kabla
Luxury Brands Expert Entrepreneur, Public Speaker & Writer Founder of Day Rose and Epykomene Marque & Luxe (Editions KAWA) Author +33(0)609496071 | AudreyKabla.com

Mes peurs parlent d’amour

Tellement de moments ai-je passé à te dire non,
Que je ne sais plus revenir vers toi en ce moment.
Te prendre dans mes bras, sans avoir peur qu’à nouveau je me blesse.
Me fondre dans les tiens, sans craindre que le temps présent ne disparaisse.

Oh que tu me manques alors que, devant toi, je me tiens si souvent.
A tes côtés, je prends des gants dont je n’arrive à me délester.
Ils me tiennent au chaud, ils sont comme une seconde peau.
Mon coeur lui, est en froid. De mes raisons, il se moque bien.

Je sais les craintes des enfants qui ne veulent grandir.
Ils ne conçoivent d’être parents au risque d’aimer de trop.
Leur coeur est deja si lourd ; la peur gèle leurs amours.
Se retrouver sans toi, sans vous, un jour à leurs tours.

Chaque fois que je te vois, je t’aime et je me tiens :
Droite et loin, frêle et fière, contrôlant l’effroi de te perdre.
Je profite de nos câlins qui vont bientôt disparaître.
Je te respire dans cette vie. Seras-tu là dans les autres ?

J’apprends chaque jour à defier le temps, à confier ma vie à la vie.
La peur inévitable de te perdre n’a nul besoin d’être pressentie.
Le bonheur est là. Et aujourd’hui, je laisse mon coeur seul guide,
De tout mon être. T’aimer et enfin m’envoler.

Arrête de parler et fais !

Se réinventer constamment, ca vous parle ?

Bonjour à vous ! Depuis quelques mois maintenant, je publie ces petites histoires, lesquelles vous plaisent je l’espère.
Au début de cette aventure, je m’étais promis d’écrire aussi sur le marketing et sur mon secteur. Apres tout, c’est ce que je sais faire de mieux. Mais impossible, de m’y consacrer. Etrangement, je n’ai pas réussi à remettre mon nez dans les affaires.

Moins de consulting

Ces derniers temps, j’ai également préféré refuser les clients. Je me devais de l’écrire. C’est dur. C’est douloureux. Et l’écriture est salvatrice. Oui, on se rassure, je suis comme tout le monde ! Je ne vis pas que d’amour et d’eau fraiche. J’aime Amazon, les ventes privées, les vacances, les bons diners aussi ! lol. Non, je ne me suis pas reveillée milliardaire ni dans le lit d’un “sugar daddy” !
Non, non plus, je ne suis pas fâchée avec le marketing, que j’adore et qui me passionne toujours autant.
La réalité est ailleurs. Et bien plus joyeuse.
Je travaille depuis plus d’un an au montage d’un projet dans l’expérience du Luxe.

Qu’est ce que l’experience du Luxe ?

Les services, l’hôtellerie et les loisirs !
Ce rêve que je monte s’incarne dans un concept aussi merveilleux qu’utile, aussi intemporel qu’actuel. Il parle à mon coeur et je dévoue les heures que je consacrais à la clientele à ce dernier. Je me lève heureuse, j’ai une mission à accomplir. Je vous avoue être entourée d’amour et de talents.
Alors Covid oblige, il n’a pu etre lancé cet été. Je me voyais deja apporter tant de moments précieux à tous les amoureux de la nature et de la plage qui passaient par Los Angeles… SPOILER ALERT!
Mais on ne cache rien. Pas de temps perdu, j’ai pu profiter de la pause covidienne pour affiner et peaufiner nos outils de presentation. Et j’espère que ce fut le cas pour beaucoup d’autres entrepreneurs.
Semaine prochaine, au retour du 4th of July weekend, les autorités de la ville de Los Angeles vont pour la premiere fois entendre parler de nous. Je suis super contente et patiente. Nous sommes prêts. Ma certitude est que ce concept va changer le monde : apporter du rêve, du confort, du plaisir. L’enjeu est aussi de realiser un rêve et augmenter mes revenus mais cela devient étrangement bien secondaire lorsque vous portez un projet plein de sens.

Et c’est la que la magie du Luxe opère.

Le Luxe est vecteur de celebration et d’amour. L’amour de soi, de la vie, des beautés du monde et des merveilles créées ici et là. Alors la boucle est bouclée. Peut-être que je parle moins du Luxe et que je conseille moins sur le Luxe actuellement parce que là je suis en train de faire. Et qu’est ce que cela fait du bien !
Je ne pourrais jamais me detacher du Luxe ou ne plus le laisser m’habiter. Cela est aussi inpensable qu’impossible, voyons ! Et je me suis promise de reprendre mes activités à la rentrée sans perdre ma mission de vue !
J’ai hate de vous en dire plus très bientôt, sur ce nouveau projet que nous amenons à la vie. Je sens que l’accouchement va etre long – mais pour en avoir deja vécu un en vrai, avec mon petit ange, l’attente fait aussi partie des joies de cette future rencontre.
Happy Friday à vous !

Sens mes voyages…

Bonjour à toi le monde !

L’exotisme. La découverte. Grandir.

En tant que sagittaire en bonne et due forme, les voyages font partie de mon élixir de bonheur.
Partir à l’aventure, seule ou superbement accompagnée, j’aime découvrir des mondes nouveaux. Plus différents ils sont de ce que je connais déjà, plus je grandis, je vibre, j’apprends. L’exotisme est mon opium à moi. Et le vôtre ?
Pour que la magie opère, il existe des ingrédients nécessaires et fondamentaux à mon émerveillement :

L’histoire

Il me faut que la ville ou le pays que je découvre me raconte un bout de son passé. Des vestiges, des musées, un patrimoine chéri de culture ! Grace à l’histoire, je voyage de mille façons différentes. S’offre à moi une machine à remonter le temps que mon esprit emprunte pour créer ses propres histoires. Des films se tournent dans ma tête alors que je m’enfonce dans la ville.

L’esthétisme

Ben oui, soyons honnête, si c’est moche et sale… je ne vais pas pouvoir faire de vieux os… ni d’ailleurs de superbes photos à partager sur instagram avec vous ! Et là patatras… en tant que millenniale, je recherche des lieux emprunts d’amour pour la beauté, qui vont la célébrer, la dessiner, la faire vivre pour les humains de nos temps.

L’art culinaire !

Alors là, c’est tres sérieux. C’est la française qui parle, peut-être la gourmande, l’épicurienne ou la femme du Luxe, tout en une. Une chose est sure : on ne badine pas avec mes papilles ! Moi je visite avec les yeux, le nez, la bouche, les doigts et mon ventre ! Ceux qui n’aiment pas manger sont prier de ne JAMAIS voyager à mes côtés. Et si je visite une ville c’est que je sais que je vais découvrir des odeurs, des mets, des assaisonnements qui vont m’emballer !

L’harmonie

Cela peut paraître étrange mais la vie en voyage ressemble à un festival. Chaque quartier de ville chantent et la musique doit être belle, avoir du sens. Le cadre authentique expire un rythme tantôt très lent, tantôt plus enjoué, lequel vous transporte au cœur de la vie locale. Il faut que l’histoire soit cohérente, juste, authentique.

Le Voyage, une seconde nature

Ma facon à moi de respirer l’air d’une ville consiste à découvrir ses marchés, visiter ses supermarchés, choisir ses restaurants avec du flair et c’est tout !, Je forge de ce bout de terre, un nouveau moi.
Des bouts que j’emmène avec moi sur ma route, qui me changent, me complètent, m’apprennent, me donnent envie d’en collectionner d’autres. J’ai une addiction aux voyages. Comme certaines personnes collectionne les souliers, les sacs à main ou les garde-temps (les montres pour les gens du Luxe), moi je m’enrichis dans mes épopées lointaines. Et je ne suis pas la seule en quete d’exotisme, puis que la majorité des gens de ma génération préfèrent aussi vivre une expérience plutôt que posséder un objet. Voilà qui explique le coût de mes voyages aussi !
Retour au présent déconfiné
Tout va bien, je vais bien… sauf qu’il faut vraiment vraiment vraiment qu’on me laisse voyager bientôt ! Car là, ce sont les voyages qui viennent à moi !

Ce matin, alors que je rangeais la vaisselle

oui désolée je suis comme le peuple, j’ai des assiettes et je n’ai pas de Maître d’hôtel comme Fran Fine dans la nounou d’enfer
les souvenirs de la Chine & Hong Kong ont frappé à la porte de mon conscient. Ils sont nombreux et merveilleusement déroutants. Beaucoup d’exotisme à l’horizon !
Je retrouve le chemin du Ladies Market de Hong Kong et la foule qui fait la queue pour se promener… La salière et poivrière que j’avais degotée là bas en 2008, continuent de s’embrasser sur l’étagère de ma cuisine.
Mes papilles se rappellent encore du premier repas que j’ai apprécié en Chine. Seule, face à une salade de vermicelles facon Singapore sans poulet of course. Moi qui adore les vermicelles, le piment et tout ce qui est a du citron vert, j’étais servie !
Je donnerai beaucoup pour une manucure dans mon premier nail salon Hongkongais. Un samedi soir à 1h30 du matin, je me laissais tenter à mon premier mail art en résine. De jolis fleurs bordaient le bout de mes super longs ongles il y a.
Mmmmmm… j’allais l’oublier celle-là ! Quelle erreur j’aurais commis ! La glace au sésame noir. Je pense que j’ai du prendre 1 bon kilo juste avec elle mais aucun regret. Tellement tellement délicieux !
Et puis, il y aura toujours le marché couvert de Guangzhou, le monastère bouddhiste de Chengdu, la visite des usines textiles de Shenzhen… l’accueil chaleureux de mes clients, de mes étudiants et amis, les soirées folles que j’ai passée avec un de mes amis au Rooftop du Park Hyatt, tous mes instants seules avec les rues de Hong Kong et de la Chine à croiser des regards, découvrir des habitudes, rencontrer des personnes et gouter les plaisirs de la vie là bas.

L’Asie me manque beaucoup,

comme les voyages en général. Je pense qu’à vous aussi hein ?
Comme nous sommes riches, riches de moments plein de joies et de nouveautés. Si quelqu’un connait quelqu’un qui sait comment Dumbledore a inventer la liseuse de souvenirs.. je veux bien le numero de mec ou de la fille s’il vous plait. J’adorerais partager tous mes souvenirs et découvrir les votres aussi !!!

Une affaire de pêches

Une larme coule pudiquement le long de ma joue gauche alors que je coupe les fruits achetés chez le primeur de la rue Caulaincourt. Une belle affaire de pêches plates et brugnons que j’avais fait en complément d’un quart de pastèque. 5 fruits pour 1 euro, aujourd’hui c’est une aubaine montmartroise !
Je les préparais pour le gouter de mon petit ange. Un peu abimées, j’enlevais la partie moche pour ensuite les éplucher et les couper en morceaux. Le petit vent parisien qui massait mes épaules me projeta vers un passé bien heureux. 

Juan-les-Pins,

nous sommes en plein mois de juillet, j’ai 16 ans. Devant le miroir, je regarde ma silhouette en maillot de bain, attendant impatiemment que ma cousine et mon frère finissent de se preparer pour aller à la plage. L’appel de l’eau…

Pipo rentre du marché,

fier de ses trouvailles. Beaucoup de sacs en plastique, des légumes, du pain et un gros cageots de pêches bien mures. Je le revois annoncer fièrement le prix de son butin présenté dans la boîte en bois décorée : «  Un euro le cageot, c’est pour rien ! »

Il rafolait des promotions – des kilos de fruits et de légumes à tout petits prix. C’était son dada. Un dada sain et simple. Nous riions et célébrions avec lui la victoire simple de ses trésors culinaires. Il faisait les courses et coupait les fruits aussi.
 Enfants, nous les trouvions souvent bien laides et repoussantes ces pêches en solde ; nous ne comprenions pas l’enjeu de ces victoires. Une fois nettoyées et coupées, elles faisaient l’unanimité et disparaissaient en quelques secondes à peine. 
Nous étions choyés tout l’été par mamie et lui. Zéro plainte possible – tout etait délicieux. Ils nourrissaient les bouches de leurs grands et petits enfants et de tous ce qu’ils emmenaient avec eux à la maison comme si jamais l’argent ne fut un problème. Ils ne manquaient de rien, surtout pas d’amour ni de ressources.

Mon grand-père

n’était pas quelqu’un d’expressif. Il savait cependant se révéler tres aimant et rassurant. Pas de jouets pompeux, ce n’était pas son style, meme s’il avait eu tous les moyens du monde. C’était plutôt des petites attentions, des petits joujoux avec lesquels on s’amusait longtemps. Des jeux de cartes, des dominos. Et plus que tout, du temps. Il adorait passer du temps avec nous. 

Pipo n’était pas tres locace mais il parlait avec ses yeux qui riaient tout le temps. Il adorait faire de petites bourdes assez efficaces pour déclencher une avalanche de jurons et decibels sortis fraichement de la bouche de sa moitié. Quelques secondes de tension, puis un sourire apparaissait sur la bouche de mamie, qui finissait par éclater de rire avec nous et lui. Je le revois encore me jeter ce regard hilare. Mieux que des mots, la paillettes malicieuses qui animaient ses yeux dans ses moments hurlaient “et voilà, j’ai réussi ! D’eu que je l’aime cette femme !” 

Je donnerais beaucoup

pour un après-midi en leur compagnie. Ces fruits coupés, un jeu de cinco (scopa), l’odeur du café très sucré dans un verre en verre, des tranches de bouscoutou endormies sur l’assiette. Et des rires, des cris, le judo-arabe des tunisois mélangé au français. 

Il rougissait lorsque je lui faisais un bisou sur la joue et que je lui disais à l’oreille que je l’aimais. Je me revois encore en train de l’appeler.
Pipo ! Pipo ! 
Je le cherche dans la maison de Juan… le voilà. Il s’est installé discrètement, caché dans le balcon côté chambre, en pleine dégustation de pâtisseries aussi crémeuses que sucrées. “Chut, ne dis rien à mamie, pas encore je n’ai pas fini ma bouchée.” Me demandent ses yeux gourmands.

Le voir croquer la vie à pleine dents et de dentiers est le meilleur souvenir de mes étés juanais. 

De Pipo, je ne parle jamais. Il est mon souvenir paisible, un moment doux et rassurant. 
Je n’ai pas grand chose à dire en réalité. J’ai toujours eu l’impression qu’il etait là pour nous apprendre à aimer la vie. Il savait la célébrer avec ce que l’on a et les siens. Il m’a montré comment donner sans se soucier de ce qu’on a ou n’a pas. 
Il était sage et il est parti tôt parce qu’il était déjà bien sage. Il m’a donné beaucoup d’amour sans me juger ni me freiner. 

Il est le premier à m’avoir acceptée telle que j’étais. Sans rien dire, il m’a toujours donné l’attention que j’attendais en tant qu’ainée de ses petits enfants. Jamais je n’ai pu sentir ou comprendre qu’il aimait un de nous différemment, plus ou moins qu’un autre. Il avait ses idées et tolérait les nôtres avec autant de respect. Je sais qu’il aurait voulu me voir marier avant de s’en aller. Il souhaitait pour ses petits enfants la maison de bonheur qu’il avait construite brique par brique avec mamie Daisy. 

Pipo est parti

alors que tout s’effondrait sur mon chemin. A 25 ans, je rencontrais la mort. “C’est tard pour la connaitre, tu as beaucoup de chance de les garder tous près de toi si longtemps.”. Je pense qu’il n’est jamais assez tard pour cela mais merci quand même ! Mes piliers allaient me quitter. 

Dans mes rêves, il est venu me voir, entouré de ses soeurs disparues le soir du grand pardon. Il etait si beau avec sa chemise rouge à carreau. Il etait heureux avec les siens, des gens que je ne connaissais pas et pourtant que je reconnaissais. Il brillait comme eux scintillaient de cette lumière éternelle. Puis à nouveau, la veille de la fête de la joie, j’ai rêvé. Il partait doucement le lendemain. 
Nous l’aimions tous trop fort pour accepter ce départ soudain. Les docteurs ont laissé quelques jours l’espoir retombé avant d’annoncer qu’il était deja loin. De lui, je garde l’innocence d’un amour simple et serein. Au revoir mon Pipo, merci pour tout. 

La brise me ramène à Montmartre

devant l’évier. Je referme le robinet et cherche à essuyer ma larme. Ma joue est déjà sèche et mes yeux brillent encore.

Avec bonheur, je regarde mon fils se régaler des fruits coupés grossièrement. A mon tour, je souris fièrement de mes trouvailles.

La métaphore de ma vie

La métaphore de ma vie

Je cours. Je ne fatigue pas. Je vais vite. Pas besoin de repos. Pas d’arrêt pour s’hydrater ou se restaurer. Je fonce. Je suis bien, légère, sure de moi.
Ne rêves-tu pas souvent de pouvoir courir sans t’arrêter ? Comme si la vie était un sprint avant la détente. Se presser, se plier, se bouger avant le repos, la gratification, le graal.
Chaque jour, je me bâts comme s’il était le seul, l’unique, le dernier que j’ai pour tout accomplir. Tu les connais ces jours avant le départ en vacances. Ces jours où tu travailles comme une acharnée pour tout finir vite, clôturer tous les dossiers, finir les courses, faire les valises, envoyer les courriers en retard, faire l’enregistrement en ligne (D.eu que ça me manque)… ces journées ou même souffler quelques secondes assise sur un canapé à ne rien faire est une Luxe interdit avant les vacances !
Ces journées épuisantes avant la libération… c’est ce que je m’impose tous les jours. Tous les jours depuis bien longtemps. Je ne me souviens pas m’être reposée pendant 3 mois. Je cours. Je cours pour terminer vite la chose – la vie – le chemin que j’ai pris et passer enfin à la suite.
La suite ? Quelle suite ?
Et si je courais pour en finir avec le chemin pris ? Si c’est c’était mes choix présents que je fuyais  ?
Je m’arrête. Je regarde. Je souffle. J’ai mal au cœur. Je sais que je sais. Je connais la raison de cet acharnement sans raison sur mon corps épuisé. Il était temps. Il est encore temps.
Demain, j’arrête.

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